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N°50 & 51 Préventions : Acteurs et pratiques en Wallonie et à Bruxelles

Edito : Prévention et usages de drogues : sortir du capharnaüm.

La prévention est le parent pauvre des dépenses publiques consacrées aux politiques des drogues en Belgique. Moins de quatre pour cent y sont allouées. Les acteurs et les projets de prévention existent néanmoins et bénéficient d’une expérience d’une trentaine d’années de pratique et de réflexion. Les articles de Martine Dal, directrice de Prospective Jeunesse et Nicole Stenuit de l’équipe de Nadja à Liège en témoignent dans ce numéro. Il n’est néanmoins pas question d’un secteur réellement structuré. La prévention en lien avec les usages de drogues constitue un lieu de rencontre entre des initiatives issues d’acteurs très différents. Parmi ceux-ci, certains ont fait le pari d’inscrire leurs actions dans le champ de la promotion de la santé. La “prévention des assuétudes”, constitue en effet l’une des dix problématiques de santé prioritaires du programme quinquennal de promotion de la santé de la Communauté française de Belgique.

Sur le terrain, ces services collaborent avec ou font face à des équipes issues des services d’aide et de soins aux toxicomanes qui étendent leur action vers la prévention, aux services de prévention et de proximité créés par les communes avec un financement du Ministère fédéral de l’Intérieur, aux forces de l’ordre qui entrent dans les écoles avec leur projet MEGA, aux services de l’Aide à la Jeunesse et particulièrement les AMO dont les missions de prévention communautaire ne cessent de s’étendre, aux centres de jeunes et organisations de jeunesse qui intègrent la question des drogues dans la variété des conduites à risque que leur public rencontre, aux services de prévention du sida et autres maladies dont certains modes d’ingestion de produits comportent des risques de transmission, aux centres de santé mentale, aux plannings familiaux, PMS, PSE, RYD… et dernièrement aux CLPS qui hébergent depuis 2007 les “point d’appuis assuétudes”. Un grand capharnaüm.

Ce foisonnement s’accompagne pourtant du reproche régulier qu’en matière de drogues, “on” ne ferait pas assez de prévention et qu’elle manquerait d’efficacité. Le paradoxe est qu’au nom de ces croyances, les nouveaux projets se multiplient, ajoutant sans cesse de nouvelles couches à la confusion, alors que les services spécialisés ne voient pas leurs moyens renforcés. La dispersion des deniers publics dépensés s’accompagne d’une concurrence entre ceux qui cherchent à les obtenir.

Ce numéro double a pour ambition d’apporter davantage de lisibilité et de clarté à propos des acteurs et des pratiques de prévention présents en Belgique francophone. Objectif partagé par Eurotox qui réalise un cadastre de la prévention dont Lucia Casero nous présente ici les premiers résultats.

Choisir de consacrer ce premier numéro sous le titre Prospective Jeunesse Drogues|Santé|Prévention aux acteurs et aux pratiques de prévention sur le territoire de la Communauté française est une manière d’afficher notre projet pour cette revue : être un lieu d’échange, de promotion des pratiques et d’affirmation des valeurs portées par la promotion de la santé dans le domaine des usages de drogues.


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